Opinion

Apprendre par immersion dans un café des langues

Il n’y a pas photo. Si on veut monter d’un niveau dans l’apprentissage d’une langue, rien ne vaut un séjour à l’étranger pour se mettre dans le bain. Mais tout le monde n’a pas cette possibilité, donc comment faire pour créer une expérience d’immersion pour booster ses compétences?

À Nantes, et dans beaucoup de villes de France, il y a un véritable engouement pour le café des langues, ou café polyglotte. Il y a cinq ans quand nous nous sommes lancé dans l’aventure du café des langues (activité que nous avons dû arrêter pour manque de temps, malheureusement), il fallait bien fouiller pour trouver des rencontres pour échanger dans une langue étrangère autour d’un verre. Aujourd’hui il y a presque un embarras de choix.

Quel est le principe? Chaque groupe a son propre fonctionnement, mais on retrouve des points communs partout. On se retrouve avec un petit groupe de personnes, d’origine française où étrangère, le plus souvent dans un lieu neutre tel qu’un café ou un bar, et on cause dans sa deuxième langue (ou troisième, douzième…peu importe). Les séances sont plus ou moins guidées, selon l’approche des animateurs, et il peut y avoir une petite participation financière (en plus de la consommation). Mais il ne s’agit pas de cours de langues. Il n’y a rien de scolaire – on peut laisser les mauvais souvenirs et les blocages à la porte, car au café des langues les nuls, ça n’existe pas. L’atout des cafés des langues est l’ambiance décontractée, qui peut nous décomplexer de nos réticences à ouvrir la bouche. En plus, tout le monde est dans le même panier, et les fautes sont tolérées, voir encouragées, car c’est ainsi qu’on apprend!

L’équilibre apprenant / locuteur natif varient selon le groupe. Si on à tendance à ramer un peu dans la langue cible, il peut être un peu intimidant si on se sent en minorité. Mais il y a tellement de groupes différents maintenant qu’on est sûr de trouver son compte quelque part.

Au début on ne trouvait que l’anglais, mais aujourd’hui il y a des groupes où on peut parler allemand, chinois, espagnol, portugais, russe… Certains groupes proposent différentes langues sur différentes soirées. D’autres séparent les langues avec un animateur à chaque table. Seul bémol: plus il y a du monde, plus il est bruyant – il faut resté bien concentré pour suivre le fil de la conversation.

Mais,  « qui ne tente rien… »

Le café des langues à Nantes

Voici une liste plus ou moins à jour de groupes qui sont installés dans la région de Nantes, mais peu importe la ville, une petite recherche sur Google et on trouvera son bonheur.  Il y a sans doute d’autres cafés des langues dans la région nantaise.  Si vous en connaissez un, merci de rajouter les informations dans les commentaires en bas.

Nom Langues pratiquées Lieu Horaires
« Stammtisch » allemand Café Le Flesselles, Allée Flesselles, Nantes 19h00, 2e et 4e jeudi de chaque mois (hors vacances scolaires)
Café bilingue Nantes toutes (destinée aux familles) Voir programmation Voir programmation
Café franco-chinois chinois Le Lieu Unique, Nantes 20h30, le mardi
Café polyglotte franco-portugais portugais Café Casse Goutte, rue du Beau Soleil, Nantes 21h00, le mardi
Café polyglotte franco-anglais anglais Bar Monsieur Machin, 5 rue St. Léonard, Nantes 20h30, le mardi
Café polyglotte franco-espagnol espagnol Café l’Art Scène, 19 rue du Château, Nantes 21h00, le lundi
Café polyglotte franco-allemand allemand Delhi’s Café, 6 allée d’Orléans, Nantes 20h30, le mercredi

 
photo credit: [phil h] cc

La formation langues à l’abri de la crise

De toute évidence, le secteur de formation professionnelle continue, et notamment la formation langues, se porte plutôt bien malgré le climat économique maussade.   Selon la 5e édition du baromètre de la formation professionnelle, réalisé par Place de la formation et publié en février, l’anglais demeure le numéro un des demandes de formation professionnelle.  Avec une augmentation de 11% de demande de formation en langues étrangères par rapport à 2011, dont un quart concernant l’anglais,  les professionnels français ne sont peut être pas aussi mauvaises élèves en langues que l’on peut croire.  Plus que 50% des demandes de DIF (droit individuel à la formation) concernent l’apprentissage de langues.

Le fait que crise économique rime avec croissance dans le secteur de la formation professionnelle suit un certain logique.  Quand la pérennité de l’emploi est incertaine, pour mettre toutes les chances de leur côté, les actifs cherchent à se former.  Et quand il y a moins de commandes dans l’entreprise, on peut rentabiliser le temps qui se libère pour acquérir de nouvelles compétences.

Les formateurs en langues constatent que tous les stagiaires ne se servent pas forcément de langues étrangères dans le cadre de leur travail.  D’ailleurs, un grand nombre de stagiaires en DIF s’inscrivent pour des formations en langues pour des raisons personnelles.  Ce n’est pas uniquement pour des raisons d’ordre purement pratique que l’on poursuit des études de langues.  L’apprentissage d’une langue, mise à part son utilité évidente dans la communication au delà des frontières, est un entraînement intellectuel qui peut être bénéfique à plusieurs niveaux.

Les chercheurs ont découvert que les étudiants de langues présentent une croissance cérébrale nettement plus perceptible relative aux étudiants d’autres matières telle que la médecine.  Selon une étude publiée dans le journal Neuroimage, plus l’apprenant développe ses compétences en langues, plus il y a de croissance dans les domaines du cortex cérébral qui traitent le langage.  Il reste à découvrir les raisons exactes de cette corrélation, mais on peut en déduire qu’il n’existe pas de meilleur programme de fitness cérébral que l’apprentissage d’une langue.

Et si on apprenait une langue pour se faire plaisir?  Nous sommes motivés par les choses dans la vie qui nous font plaisir, et si on ne prend pas plaisir à communiquer dans une langue étrangère, il est difficile d’avancer.  La pression occasionnée par l’obligation de passer un test en anglais pour satisfaire aux exigences d’un employeur, ou de faire une présentation d’un produit en allemand lors d’une réunion avec des clients, n’est pas forcément la carotte dont nous avons besoin pour nous inciter à aller plus loin dans nos exploits linguistiques.  Par contre, le sentiment de satisfaction que l’on peut éprouver après un échange efficace avec un locuteur natif de la langue que nous sommes en train d’apprendre est une motivation extraordinaire.  Apprendre une langue est, avant tout, drôlement enrichissant.

N’hésitez pas à prendre contact avec nous pour que nous puissions échanger concernant vos objectifs en apprentissage de langue, afin de mettre en place un programme de formation qui vous correspond.

photo credit: Kaplan International Colleges, cc